top of page

MAM LANCE LES PREMIERS TESTS ANTIDROGUE SUR LES ROUTES

Dernière mise à jour : 19 mai 2022



«Nous espérons réduire sensiblement le nombre de décès», a expliqué Michèle Alliot-Marie.

Ces tests salivaires vont permettre aux forces de l'ordre de détecter sur-le-champ la prise de stupéfiants par un conducteur. Pour la ministre de l'Intérieur, le dispositif sera très dissuasif.

LE FIGARO. - Quel est votre projet pour le dépistage de la drogue au volant ?

Michèle ALLIOT-MARIE. - Dès les prochains jours, les forces de l'ordre vont recourir à un nouveau procédé, un test salivaire pour détecter la présence de stupéfiants chez les conducteurs. 50 000 tests vont leur être distribués dès cet été. Le modèle de test a été choisi après une série d'expérimentations démarrées il y a un an. Trois produits avaient été sélectionnés. Le plus fiable a été retenu.

Concrètement, comment le conducteur va-t-il être contrôlé ?

La salive de l'automobiliste est recueillie au moyen d'un bâtonnet. La couleur change si des traces de drogue sont détectées. En cas de réaction positive, ce test sera complété par une prise de sang effectuée en milieu médical. Elle permettra de confirmer la présence de stupéfiants et d'en déterminer la nature. Facile d'usage, ce nouveau procédé est appelé à remplacer les tests urinaires, réalisés jusqu'à présent en présence d'un médecin dans une camionnette au bord de la route.

En quoi ce nouveau procédé constitue-t-il une avancée ?

Les tests urinaires nécessitaient un dispositif extrêmement lourd et limitaient donc la possibilité d'agir à titre préventif. Ils étaient beaucoup moins dissuasifs que les éthylotests car la probabilité de se faire contrôler était bien moindre. Désormais, le recours plus systématique à ces tests aura forcément un effet dissuasif sur les conducteurs. Policiers et gendarmes ont reçu pour consigne de faire des contrôles tantôt ciblés, notamment aux sorties de boîtes de nuit, tantôt aléatoires. En cas d'accident grave, ils rechercheront systématiquement si des stupéfiants ont été consommés.

L'usage de ces nouveaux tests devrait donc avoir un impact sur la sécurité routière.

Selon une étude, 230 personnes sont mortes en 2005 dans des accidents de la circulation liés à la consommation de stupéfiants. Si on ajoute les blessés, le bilan est bien plus élevé, notamment parmi les jeunes qui prennent des risques considérables en voiture ou en deux-roues en consommant de la drogue. Avec ces tests, nous espérons réduire sensiblement le nombre de décès. Ces dernières années, la politique mise en œuvre a permis une amélioration de la sécurité sur nos routes, mais l'hécatombe frappe toujours les 15-24 ans. Ils ne représentent que 13 % de la population, mais constituent 27 % des personnes tuées sur la route.

Pour passer sous la barre des 3 000 morts, des sanctions plus lourdes vont être adoptées. Quelles mesures prioritaires avez-vous préparées ?

Inscrites dans la loi d'orientation pour la sécurité intérieure, plusieurs mesures seront présentées au Parlement à l'automne prochain. Parmi elles, la confiscation obligatoire du véhicule pour les conducteurs en situation de récidive de grand excès de vitesse, de conduite sous l'emprise de l'alcool ou de drogue, et pour ceux qui roulent sans permis. Le projet de loi prévoit aussi qu'un automobiliste en état d'ébriété puisse être condamné à installer un éthylotest antidémarrage dans son véhicule. Autre projet, la rétention automatique du permis de conduire en cas d'homicide involontaire. Enfin, le trafic de points du permis de conduire fera l'objet de peines plus lourdes avec l'instauration d'une incrimination pénale spécifique, jusqu'à six mois de prison et 15 000 euros d'amende. Cette peine sera doublée si les faits sont commis via Internet ou par publicité.

Dans une circulaire, du 31 mars dernier, vous appeliez les préfets à plus de vigilance en matière de sécurité routière. À la veille des vacances, vous avez renouvelé la consigne ?

Bien entendu. En 2008, je veux qu'ils obtiennent une baisse du nombre de tués de 7 %, soient 330 vies épargnées, et de 6 % parmi les blessés. Je leur ai demandé d'être particulièrement vigilants avec les deux-roues. À la rentrée, ils me présenteront leurs résultats.


Le Figaro 15/07/2008


5 vues0 commentaire

Comments


bottom of page